L'uniformisation des notes et des avis, ou la peur de s'exprimer librement face à la majorité ?

TheElkantor
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L'uniformisation des notes et des avis, ou la peur de s'exprimer librement face à la majorité ?

Message par TheElkantor » 08 févr. 2016, 11:18

J'ouvre ce topic pour vous faire part d'une de mes préoccupations actuelles du média, plus particulièrement de la presse vidéoludique. J'espère que ce texte vous donnera l'occasion d'y réfléchir, et de partager votre avis sur la question, surtout n'hésitez pas, j'aimerai vraiment connaître l'opinion de chacun (peut-être suis-je le seul à ressentir ce besoin d'en parler d'ailleurs ?). Bonne lecture !


Très souvent, lorsqu’on est un joueur,investi ou non, informé ou non sur le média, on a tendance à vouloir se rassurer auprès des autres pour définir son opinion. Ce phénomène est visible constamment, quelque soit le domaine de la vie courante : cinéma, littérature, musique… Il est aussi particulièrement présent dans notre sphère vidéo-ludique, au point d’entraîner des situations anodines au premier abord, aboutissant de fils en aiguille sur des questions plus complexes. En y réfléchissant, vous verrez vous aussi que ce n’est pas si simple, et que ce phénomène mérite qu’on s'y attarde quelques instants. C’est ce que je vais essayer de vous expliquer présentement, en espérant susciter votre intérêt afin d’amener un débat sain permettant à chacun de s’exprimer sur le sujet.

A l’heure actuelle, pratiquement tous les sites d’information traitant du jeu vidéo fonctionnent sur le même principe. Un principe dominé par le fameux triptyque : tests / aperçus / actualités. Que ce soit la presse anglophone, française, japonaise, ou autre, ce constat régie ces structures d’information vidéo-ludique, qu’elles soient professionnelles ou amateurs. Les tests et aperçus, bien qu’étant la plupart du temps objectifs, voudraient qu’on laisse transparaître quelques brides d’avis plus personnels d’un joueur sur un jeu donné. Plus globalement, nous tous possédons notre propre vision bien définie sur chaque jeu, partant du ressenti manette/clavier-souris/console portable en main. Du moins, c’est ce qu’on observe à première vue.

De ce fait, on constate que les joueurs - plus particulièrement les professionnels - sont (trop ?) souvent unanimes dans leurs tests : exercice permettant de classer le jeu dans son contexte, par rapport aux autres productions du média, en se basant sur son propre bagage culturel.
Pour faire simple, prenons un exemple. Il est évidant que le test de The Witcher 3 sera écrit par une personne ayant déjà bouclé les deux premiers, si ce n’était pas le cas, sa crédibilité auprès des joueurs tomberait rapidement, n’êtes-vous pas d’accord ? Dans ce cadre, on remarque donc que pour un jeu donné, tous les testeurs sortent globalement du même moule. Dans cet exemple de The Witcher 3, il s’agira d’une catégorie “fans de RPG/C-RPG/A-RPG occidentaux”. Si l’on pousse un peu plus loin la réflection, on peut également dire sans trop d’erreurs que ces même personnes possèdent un âge moyen compris entre 25 et 35 ans, et qu’hormis quelques exceptions, elles ont dans l’ensemble toutes joué aux même titres. En d’autres termes, les testeurs sont à peu près pourvu du même bagage culturel. Certes, on pourra reprocher la précision de cette pseudo-phase d’analyse, cependant on ne peut nier qu’il y a effectivement un effet de “niche”.
Maintenant que ces joueurs ont suffisamment foulé les terres des Royaumes du Nord - tablons au minimum sur une bonne 40-50 aines d’heures - ils écrivent leur test. Que constatons nous alors ? Ils sont unanimes, l’oeuvre de CD Projeckt est une réussite.
Cependant, est-ce que les premiers tests tombés sur le web ou sur papier n’ont pas influencés les suivants ? Est-ce que ces testeurs ne se sont pas concertés avant même d’écrire leur test, pour regrouper les dires de chacun sur le jeu ? Vous l’aurez compris, l’influence est omniprésente. L’enjeu ici peut paraître faible, pourtant il n’est pas à sous-estimer. D’autant plus quand il s’agit de sites internet ou revues papier réputés, et/ou de journalistes reconnus.

Et du côté des joueurs, même constat. On se laisse tous influencer par ce qu'on lit, par ce que l'on regarde. Certains vont même jusqu’à détenir un avis sur un jeu sans pour autant y avoir joué, sous le joug de l’influence. Cette remarque amène également d’autres questions. N’avez vous jamais ressenti un malaise ou l’impression d’être à côté de la plaque, car vous n’aviez pas vraiment apprécié un jeu pourtant acclamé de toute part ? Qu’il vous est presque impossible de vous exprimer sur le sujet, sans vous résoudre à recevoir toutes sortes d’injures décochées par le reste de la communauté ?

Personnellement, j’ai récemment ressenti ce sentiment pour Bloodborne. Alors même que j’avais adoré les précédentes productions de From Software, j’ai trouvé que l’équilibre entre mort frustrante d’un côté, et joie intense - procurée par le franchissement d’un obstacle, d’une difficulté - de l’autre, était très mal équilibré dans ce nouvel univers victorien. Allié à ça, je notais également une faiblesse dans la cohérence de certains boss, une pauvreté concernant la diversité générale du jeu ou encore le côté RPG de ses aînés - que j’aimais tant - moins prononcé : la pléthore d’armes et armures, de monstres ou d’environnements propre aux Souls, où était-elle passée ? Sans oublier ces chargements interminables, un comble pour un jeu basé sur une dynamique de die & retry.
Pourtant, Bloodborne reste un chef-d’oeuvre pour la majorité. Et malheur si j’ose prouver le contraire. Apporter l’argumentaire suffisant permettant d’expliquer ma vision n’y changera rien.

Alors imaginez maintenant cette même version exprimée à plus grande échelle. Illustrons cela par un nouvel exemple : le journaliste en charge du test de Bloodborne pour le site anglo-saxon IGN, disposant d’un rayonnement international, reste de marbre face au jeu. Que faut-il faire ? Vont-ils, lui et sa rédaction, prendre le risque de contrarier les attentes des joueurs en affirmant des propos allant à l’encontre de ceux des autres structures importantes du média ? Ou est-ce que le journaliste va s’imposer, au risque de voir sa crédibilité professionnelle chuter, quitte même à ce que cela conduise à une dégradation de l’image du site entier ?

Mais alors, qui a raison, qui a tort ? Face à cette écrasante majorité, on peut se sentir perdu. “Est-ce moi qui ait mal compris le jeu ?”. Cette question m’a traversé l’esprit plus d’une fois.

Peut-être même que ce phénomène se présente plus souvent qu’on ne le pense. Cette petite feature que les testeurs n’ont pas vu, mais demeure pourtant indispensable à la compréhension d’un titre, ou encore les différentes conditions de jeu imposées : remplacer huit séances de deux heures contre deux séances de huit heures par exemple. Sans compter qu'au vu des plannings rédactionnels, il n'est pas rare qu'un jeu soit testé sans être terminé. Autant de petits détails pouvant transformer l'expérience de jeu du tout au tout. Le cas le plus flagrant reste lorsque la plupart des journalistes sont conviés chez l’éditeur pour un test, comme ce fût le cas pour le dernier Metal Gear Solid V. Tout le monde joue, tout le monde se concerte. Les quelques avis différents s’écrasent peu à peu et laissent place à l’opinion générale.
Puis, comme pour l’exemple du soft basé sur les aventures du sorceleur cité précédemment, les premiers tests tombent. Et encore une fois, les suivants, influencés par leurs prédécesseurs, suivent le pas, aboutissant sur des tests qu'on pourra juger de simili-clones. Les même questions reviennent alors sur le tapis. A quoi bon prendre le risquent de se mettre en travers la communauté dans tous les cas, si celle-ci s’est déjà forgée un avis avant même d’avoir commencé le jeu ? A quoi bon s’opposer aux avis critiques généraux, sous peine d’être remis en question professionnellement ? Dans le pire des cas, une note “moyenne/standard” fera l’affaire, pourvu que l’essentiel reste sauf : personne n’est étonné de voir un avis différent de la masse. Ainsi, peu à peu, l’uniformisation des notes et des avis fait son trou.

Pour bien saisir l’ampleur du phénomène, je terminerai avec un dernier exemple : le site américain Gamespot a rectifié le tir, allant jusqu’à modifier la note de certains tests. Le cas le plus marquant reste sans doute celui consacré à Bioshok Infinite. La rédaction a ainsi réévalué la note attribuée au titre d’Irrational Games, l’abaissant de 9/10 à 4/10, quelques années plus tard après l’écriture du test initial. Prise de conscience de cette uniformisation ou simple façon de se démarquer ? Une chose est sûre cependant, l’identification à une ligne éditoriale pouvant guider notre acte d’achat, s’amenuise petit à petit...

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Demystificator
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Re: L'uniformisation des notes et des avis, ou la peur de s'exprimer librement face à la majorité ?

Message par Demystificator » 08 févr. 2016, 17:20

Je ne crois pas qu'un journaliste doive faire les opus précédents pour boucler une suite. En fait, ça serait justement utile pour les gens qui n'ont pas non plus jouer à toute la série et qui aimeraient se lancer.

Mais je crois qu'il est important de connaître le genre d'un jeu pour pouvoir en discuter plus pertinemment. Tout simplement parce que souvent les joueurs préfèrent un genre de jeu plutôt qu'un seul jeu.
Cela est justifiable aussi parce qu'il faut connaître les autres (et toute la série dans le cas des séries) pour pouvoir juger un épisode sur ce qu'il apporte.

C'est là, un point très particulier au jeu vidéo. Au cinéma, ce n'est pas vraiment un problème si le second film ne fait pas exactement la même chose que le premier ; c'est même ce qu'il semble vraiment marcher. Des sagas comme Star Wars ou Harry Potter le montrent bien : chaque film a son ambiance, sa petite histoire, son point de vue sur la trame de fond qui les relie tous.

Pour un jeu vidéo, c'est plus délicat. Difficile d'imaginer que Witcher 3 par exemple, se mette au jeu de stratégie ou refonde complétement son système de combat sans entraîner de gros risques financiers.
En matière de jeu, les suites ont plus souvent été conçues et attendues comme des versions améliorées du jeu donné dans la première version. Certaines séries font même dans le cas d'école comme Sonic ; qui a complétement divisés ses fans avec ses jeux d'aventures ou de course en 3D.

Je ne m'avancerais pas vraiment sur l'âge des journalistes du jeu vidéo. Le souci étant que la presse vidéo ludique actuelle s'est beaucoup formée dans les années 80... Autrement dit, ils ont fatalement 35 ans tout au plus aujourd'hui. Il faut garder à l'esprit que la NES et SNES s’adressaient plus à des enfants qu'aux adultes.

Il y a un effet de niche dans le jeu vidéo comme il y en a au cinéma. Il est des cinéphiles qui te citeront sans cesse Citizen Kane et qui cracheront sur la comédie française parce qu'avec l'engouement populaire se forme toujours une petite caste élitiste.
Mais le cinéma est plus vieux et beaucoup plus varié que le jeu vidéo hélas. Et que le jeu vidéo en lui même divise complétement.
Je veux en fait renvoyer cette question : sur quoi juge-t-on un jeu vidéo ? Son gameplay et ses règles ? Ou son histoire/ambiance ?
Impossible d'allier les deux car les joueurs sont eux mêmes dans la binarité : certains hurlent de joie devant Undertale, d'autres vénèrent Call of Duty et enfin certains parlent à chaque personnage dans les final fantasy...
Le fait de prendre des journalistes orientés par genre permet donc de trouver quelqu'un qui partage les goûts de son public. Le journaliste sera donc plus enclin à répondre aux questions précises des connaisseurs.

La presse part du principe que si on vient lire le test du dernier RPG à la mode, c'est qu'on sait ce qu'est un RPG et on a des attentes précises par rapport à ce genre.
Par exemple, je ne pense pas que les super players se soient vraiment intéressés à Skyrim plus que ça.

C'est vraiment compliqué de parler d'unanimité journalistique. Surtout sur Witcher 3 en fait. Car moi j'ai eu la sensation que justement les avis se nuançaient beaucoup plus que sur les 2 premiers.

Je ne crois pas non plus que les journalistes s'influencent entre eux. C'est plutôt l'éditeur par le biais de présentation spectaculaire, accompagnement des journalistes lors des tests exclusifs qui vont tout faire pour mettre la personne dans les meilleures conditions possibles.
On en arrive à que si la personne joue à un jeu que la communauté réclame, tout en mangeant de bons amuse-gueules servis par des femmes nombril à l'air... Et que le jeu n'est pas trop mauvais ; il y a des chances que le journaliste passe un super moment et va donc être influencé lors de sa rédaction... Après tout, ce ne sont que des Hommes.

Je ne crois pas non plus à la concertation sauf pour certains sites qui vivent du clic. En effet, si on chauffe à blanc l'auditoire, les gens reviendront plus souvent sur le site pour ne louper aucune information du dernier jeu tant attendu ; et donc on génère du clic.
Mais malgré tout ; un bon jeu est un bon jeu. Qui va dire que Witcher 3 est une daube ? S'il n'y a pas de bug, les gens vont penser que ce râleur essayera de se faire mousser en contredisant tout le monde, soit que le journaliste n'a simplement pas compris le jeu.

Et les gens sont un gros problème. Car les gens, pour tout, grâce à internet, sont plus unanimes que jamais. L'anonymat et le désir de se sentir accepter par une communauté énorme font que les gens ne manquent jamais de paraboles et d'insulte pour réduire tout avis minoritaire.
C'est aussi car les gens manquent clairement de recul (grâce à l'anonymat du net) : moi, par exemple, j'adore Xcom et je pense que c'est l'un des meilleurs jeux qui existent. Mais j'ai parfaitement conscience que c'est très particulier et quand les gens autour de moi veulent l'acheter pour "essayer" ; j'essaye un maximum de les avertir. Hélas, peu de gens font ça ; les communautés Undertale ou des Moba sont très fortes à ce jeu de l'unilatéralité sourde et bornée.

Du coup, un journaliste qui vit du clic n'a aucun intérêt à se mettre à dos cette communauté cinglante. Je me souviens des tests d'Advanced Warfare. Note correcte mais les détails et commentaires laissaient supposer qu'il méritait mieux. Pourquoi ? Parce que les gens étaient déjà en train de hurler à la corruption parce qu'eux, ils n'aimaient pas le jeu ; parfois sans même le tester. Parce qu'il est de bon ton, si tu veux briller sur internet, de snober Call of Duty.

Ca m'a toujours énervé d'ailleurs que cette série soit aussi critiquée parce qu'il est difficile de s'ennuyer objectivement quand on y joue... Et si le jeu divertit, c'est qu'il fait un minimum son travail, non ?


Ton paragraphe sur Bloodborne est très discutable...
Déjà parce que c'est dans la tête des gens que Bloodborne est un "soul". From Software fait du "Soul-like" depuis bien plus tôt que "Demon's Soul". Le jeu ne s'est jamais officiellement vu intégré dans cette série pourtant. Cela suffit à justifier que Bloodborne a des idées assez différentes des souls : donc impossible de lui reprocher qu'on ne retrouve pas autant d'objets ou d'ambiance.

L'autre problème c'est que cette série a fait tellement de bruit que je pense que la majorité des joueurs de Dark Souls 2 par exemple n'a même pas fini Dark Souls 1. Bloodborne s'est vendu de la même manière : sur la popularité laissée par Demons Souls et Dark souls. C'est pour ça que tout le monde compare le jeu PS4 à la série alors qu'ils n'ont aucun lien officiel...
Et je ne crois pas que Bloodborne soit un chef-d'oeuvre, c'est un bon jeu c'est tout. Mais il a su surfer sur une grosse popularité alors l'avis général qui s'est développé c'est qu'il est bon et comme je l'ai dit plus tôt ; la communauté va écraser tout avis contraire.

Il n'est pas stupide de revenir sur un jeu bien après sa sortie pour réviser son jugement et en offrir un plus objectif, plus reculé.
A la sortie des jeux, c'est la hype, la folie ; tout le monde veut jouer quitte à surmonter quelques défauts.
Diablo 3, par exemple. Combien de fois ai je entendu "le meilleur Hack'n'Slash", le "Roi des ARPG" à sa sortie... Mais 6 mois plus tard, tout le monde râlait car le système de butin était mauvais, le jeu déséquilibré et l'histoire n'apportait rien à la série... A tel point que l'extension est pratiquement plus appréciée que le jeu de base lui même...
Et bioshock infinite a laissé un petit goût amer à pas mal de personnes également. Il est pas mauvais, mais on était en droit d'en attendre plus de la conclusion de la série Bioshock je pense ; surtout d'un point de vue scénar et jouabilité.

L'exemple que tu cites par contre, est un flagrant délit de démagogie comme je l'ai dit plus tôt ; ils ont fait ça pour garder du clic. Je pense qu'il aurait été plus juste de conserver les 2 notes. D'avoir une note de test immédiat et une note de "contre-visite".
Cela permettrait aussi à des jeux qui corrigent leurs bugs post-sortie de redorer leur blason.

Pour moi, c'est lié à un autre problème que personne ne semble relever. Mais aujourd'hui, il n'y a pratiquement plus de démos. Plus aucun moyen de tester un jeu ne serait ce que 30 minutes pour voir si ça nous plaît ou pas.
Du coup, avant de dépenser 60€, qui représente une somme tout de même, on a aucun autre choix légal que de s'en remettre à la presse... Impossible de se forger son propre avis sans prendre le risque de se faire arnaquer.
C'est vraiment problématique je trouve.


Mais pour conclure je dirais qu'il ne faut pas oublier que le jeu, comme le cinéma, est une expérience personnelle.
Personne n'est en droit de juger vos goûts ou vos façons de jouer. C'est vous qui jouez, donc l'important c'est que vous, vous vous amusiez.
Il faut savoir prendre du recul sur ce qu'on peut dire sur un jeu.
Un jeu qui vous plaît ne va pas forcément plaire aux autres ; inutile de perdre du temps à essayer de leur faire changer d'avis ou de se remettre en question ; vous aimez, c'est cool, point.
Il est toujours bon de savoir expliquer ce que vous aimez dans vos jeux mais un jeu qui plaît à tout le monde, ça n'existe pas.

Personnellement, je préfère bien plus attendre de voir des let's play ou de lire en détail les particularités d'un jeu plutôt que de voir les phrases bien vendeuses des journalistes ou même les notes ; qui ne veulent rien dire.
Sans relancer le débat de la notation ; je crois qu'il n'existe que 4 catégories de jeux : les jeux ratés/buggés ; les jeux correctement réalisés mais qui ne nous plaisent pas plus que ça personnellement, les jeux qu'on a apprécié, et enfin nos coups de coeurs persos.
Il est vain de noter des graphismes car chaque année, l'étalonnage change ; le scénario est toujours subjectif et la jouabilité est rédhibitoire si elle est ratée...

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Garrett
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Re: L'uniformisation des notes et des avis, ou la peur de s'exprimer librement face à la majorité ?

Message par Garrett » 10 févr. 2016, 19:48

Sujet très intéressant, merci pour vos réflexions.
Du point de vue du joueur, je crois qu'il ne faut pas avoir peur de s'exprimer face à la majorité, au contraire. Lorsque l'on tombe sous le charme d'un jeu que la majorité des joueurs méprisent et rabaissent à longueur de temps, je ne sais pas vous mais personnellement cela me donne encore plus de plaisir à l'aimer.
Comme le souligne Demystificator, le jeu vidéo est une expérience personnelle et c'est la rencontre entre ce que nous sommes en tant qu'individu façonné par tout un tas de choses et le jeu qui compte. Plus on se connait et plus on sait ce qui sera susceptible de nous plaire, et pourquoi cela nous plaira; "nous" en tant qu'être original.
Que le monde serait fade si tout le monde s'accordait à aimer les mêmes choses... :proud:

Dans mon enfance, je n'avais pas accès à internet, il n'y avait que le minitel. Pour choisir ses jeux vidéos il y avait bien sûr les magazines papiers, mais aussi et surtout ce plaisir qui n'existe plus beaucoup pour les jeunes d'aujourd'hui qui consistait à arriver dans le rayon jeux vidéo de son magasin, de regarder les couvertures et de faire cette action qui se perd de nos jours : retourner la boite pour lire la description et regarder les images. Ça parait tout bête comme ça mais c'est un acte qui a son importance ; c'était une découverte pure, lavé de tout préjugé. A notre époque, les jeunes sont matraqués de publicité et savent déjà ce qu'ils achèteront avant même de poser le pied dans le magasin, et ils achètent de plus en plus tous la même chose, le jeu qui connait le plus de matraquage publicitaire. Et c'est un cercle vicieux car le fait qu'ils achètent tous les mêmes gros jeux font qu'ils ont tous les mêmes expériences et la même histoire vidéo-ludique, courant ainsi tous dans la même direction, et c'est un peu triste.

En guise de conclusion : vive Kane & Lynch :p

TheElkantor
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Re: L'uniformisation des notes et des avis, ou la peur de s'exprimer librement face à la majorité ?

Message par TheElkantor » 11 févr. 2016, 11:23

Demystificator a écrit :Je ne crois pas qu'un journaliste doive faire les opus précédents pour boucler une suite. En fait, ça serait justement utile pour les gens qui n'ont pas non plus jouer à toute la série et qui aimeraient se lancer.

Je suis d'accord avec toi, mais en même temps, c'est aussi un dileme pour les fans d'une série qui attendent de savoir si le prochain opus est aussi bien, voire mieux. C'est par exemple le cas des fans de total war (dont je fait partie), qui est quand même uen série un peu de niche, ou encore les fans de Dynasty Warriors (encore une fois, j'en fait partie).
Demystificator a écrit : Mais je crois qu'il est important de connaître le genre d'un jeu pour pouvoir en discuter plus pertinemment. Tout simplement parce que souvent les joueurs préfèrent un genre de jeu plutôt qu'un seul jeu.
Cela est justifiable aussi parce qu'il faut connaître les autres (et toute la série dans le cas des séries) pour pouvoir juger un épisode sur ce qu'il apporte.
On en arrive donc au point pour lequel je n'ai pas de réponse. Est-ce qu'il serait préférable sur chaque test d'avoir d'un côté l'avis d'un expert et de l'autre, celui d'un néophyte ? Et comment quantifier justement le terme de néophyte ? On peut être complètement nouveau dans le jv, ou alors complètement nouveau pour un genre précis, ou encore pour une série précise. Qui plus est, ça demanderait beaucoup trop de travail supplémentaire aux journalistes... C'est vraiment un dilemme.
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Demystificator a écrit : Je ne m'avancerais pas vraiment sur l'âge des journalistes du jeu vidéo. Le souci étant que la presse vidéo ludique actuelle s'est beaucoup formée dans les années 80... Autrement dit, ils ont fatalement 35 ans tout au plus aujourd'hui. Il faut garder à l'esprit que la NES et SNES s’adressaient plus à des enfants qu'aux adultes.
Justement, ils ont donc tous à peu près le même bagage culturel, et sont habitués à se lire entre eux, donc je pense que de ce point de vue, cela renforce ce sentiment de groupe de personnes pensant à peu près la même chose et s'influençant mutuellement, sans forcément que cela soit implicite.
Demystificator a écrit : Je veux en fait renvoyer cette question : sur quoi juge-t-on un jeu vidéo ? Son gameplay et ses règles ? Ou son histoire/ambiance ?
Impossible d'allier les deux car les joueurs sont eux mêmes dans la binarité : certains hurlent de joie devant Undertale, d'autres vénèrent Call of Duty et enfin certains parlent à chaque personnage dans les final fantasy...
Le fait de prendre des journalistes orientés par genre permet donc de trouver quelqu'un qui partage les goûts de son public. Le journaliste sera donc plus enclin à répondre aux questions précises des connaisseurs.

On dérive un peu du sujet de base, mais effectivement, cette question est aussi intéressante. Sincèrement, je pense que ça dépend de l'orientation du site en question. Gamekult ne s'adresse pas au même public que JVC par exemple. Mais pourtant, JVC se doit aussi de parler aux joueurs plus expérimentés. C'est pour cela en partie que je trouve que les sites de JV tombent "facilement" dans le piège de l'influence. Pour se crédibiliser devant une audience informée sur le sujet, il y a un effet d'uniformisation par rapport aux autres sites du milieu.
Demystificator a écrit : C'est vraiment compliqué de parler d'unanimité journalistique. Surtout sur Witcher 3 en fait. Car moi j'ai eu la sensation que justement les avis se nuançaient beaucoup plus que sur les 2 premiers.

De ce que j'ai lu à droite à gauche, pourtant, les avis étaient exactement les mêmes, et les quelques points négatifs qui apparaissaient restaient globalement identiques.
Demystificator a écrit : Et les gens sont un gros problème. Car les gens, pour tout, grâce à internet, sont plus unanimes que jamais. L'anonymat et le désir de se sentir accepter par une communauté énorme font que les gens ne manquent jamais de paraboles et d'insulte pour réduire tout avis minoritaire.
C'est aussi car les gens manquent clairement de recul (grâce à l'anonymat du net) : moi, par exemple, j'adore Xcom et je pense que c'est l'un des meilleurs jeux qui existent. Mais j'ai parfaitement conscience que c'est très particulier et quand les gens autour de moi veulent l'acheter pour "essayer" ; j'essaye un maximum de les avertir. Hélas, peu de gens font ça ; les communautés Undertale ou des Moba sont très fortes à ce jeu de l'unilatéralité sourde et bornée.
Effectivement, c'est typiquement le genre de mouvement que je trouve bizarre. On a chacun nos avis certes, mais rien ne nous dispensent de voir les autres côtés. J'avoue ne pas comprendre ces avis tranchés sans avoir même joué à un jeu. C'est vraiment une mentalité qu'il pourrait être intéressant d'analyser. Qu'est-ce que ça apporte en fin de compte ?
Demystificator a écrit : Du coup, un journaliste qui vit du clic n'a aucun intérêt à se mettre à dos cette communauté cinglante. Je me souviens des tests d'Advanced Warfare. Note correcte mais les détails et commentaires laissaient supposer qu'il méritait mieux. Pourquoi ? Parce que les gens étaient déjà en train de hurler à la corruption parce qu'eux, ils n'aimaient pas le jeu ; parfois sans même le tester. Parce qu'il est de bon ton, si tu veux briller sur internet, de snober Call of Duty.


Je suis d'accord, et c'est justement ce que j'ai mis en lumière dans mon texte. Ça devient un vrai problème à mesure que le temps passe.
Demystificator a écrit : Ton paragraphe sur Bloodborne est très discutable...
Déjà parce que c'est dans la tête des gens que Bloodborne est un "soul". From Software fait du "Soul-like" depuis bien plus tôt que "Demon's Soul". Le jeu ne s'est jamais officiellement vu intégré dans cette série pourtant. Cela suffit à justifier que Bloodborne a des idées assez différentes des souls : donc impossible de lui reprocher qu'on ne retrouve pas autant d'objets ou d'ambiance.
Ton commentaire est vraiment intéressant, et c'est vrai, qu'avec du recul, je sais pertinemment qu'il s'agit d'une nouvelle IP. Et pourtant... DS a tellement laissé une marque (il faut voir le nombre de jeux s'intitulant "Dark Souls-like" qui sortent ou vont sortir), que c'est difficile de ne pas comparer Bloodborne à ses prédécesseurs. C'est instinctif comme comparaison en fait, et je me rend compte que ce n'est pas légitime, c'est vrai. J'avais ressenti la même chose en jouant au reboot de tomb raider. Je sais qu'il s'agit d'un reboot, d'une nouvelle vision des aventures de lara, et pourtant je ne peux m'empêcher de le comparer aux anciens... Mais pour le coup tu as raison, cet exemple n'était pas des plus pertinents tout compte fait.
Demystificator a écrit : L'autre problème c'est que cette série a fait tellement de bruit que je pense que la majorité des joueurs de Dark Souls 2 par exemple n'a même pas fini Dark Souls 1. Bloodborne s'est vendu de la même manière : sur la popularité laissée par Demons Souls et Dark souls. C'est pour ça que tout le monde compare le jeu PS4 à la série alors qu'ils n'ont aucun lien officiel...
Et je ne crois pas que Bloodborne soit un chef-d'oeuvre, c'est un bon jeu c'est tout. Mais il a su surfer sur une grosse popularité alors l'avis général qui s'est développé c'est qu'il est bon et comme je l'ai dit plus tôt ; la communauté va écraser tout avis contraire.
Encore une fois on en revient au désir des joueurs d'appartenir à une niche de "fan de dark souls". Qui les pousse à clamer les atouts de ces jeux haut et fort, alors même q'u'effectivement ils ne les ont pas fini, ou encore, même pas commencé.
Demystificator a écrit : Il n'est pas stupide de revenir sur un jeu bien après sa sortie pour réviser son jugement et en offrir un plus objectif, plus reculé.
A la sortie des jeux, c'est la hype, la folie ; tout le monde veut jouer quitte à surmonter quelques défauts.
Diablo 3, par exemple. Combien de fois ai je entendu "le meilleur Hack'n'Slash", le "Roi des ARPG" à sa sortie... Mais 6 mois plus tard, tout le monde râlait car le système de butin était mauvais, le jeu déséquilibré et l'histoire n'apportait rien à la série... A tel point que l'extension est pratiquement plus appréciée que le jeu de base lui même...
Et bioshock infinite a laissé un petit goût amer à pas mal de personnes également. Il est pas mauvais, mais on était en droit d'en attendre plus de la conclusion de la série Bioshock je pense ; surtout d'un point de vue scénar et jouabilité.
Justement, ne serait-il pas préférable de prendre un peu de recul sur une oeuvre pour en faire la critique ? Je sais pertinemment que ça ne sera jamais possible pour les sites professionnels, car ils font partie de cette roue infernale de sortie/test à effectuer le plus vite possible. La question est simple, mais la réponse est vraiment compliquée. Hormis quelques titres sortant du lot (Minecraft, GTA V), dont on parle encore aujourd'hui, c'est vrai que pour la majorité, un mois passé la sortie du jeu, plus personne n'en parle. Peut-être que Square Enix a opté pour le bon modèle économique avec son prochain Hitman pour pallier ce problème.
Demystificator a écrit : Pour moi, c'est lié à un autre problème que personne ne semble relever. Mais aujourd'hui, il n'y a pratiquement plus de démos. Plus aucun moyen de tester un jeu ne serait ce que 30 minutes pour voir si ça nous plaît ou pas.
Du coup, avant de dépenser 60€, qui représente une somme tout de même, on a aucun autre choix légal que de s'en remettre à la presse... Impossible de se forger son propre avis sans prendre le risque de se faire arnaquer.
C'est vraiment problématique je trouve.
La démo traditionnelle a juste été remplacée. Regarde le nombre de phase de bêta qui sont disponible aujourd'hui, avant la sortie d'un jeu. C'est en quelque sorte le remplaçant des démos traditionnelles. Avant, le terme bêta était exclusivement adressé aux jeux proposant une partie multijoueurs, cela permettait de tester les serveurs. En 2016, on aura jamais eu autant de démos, quelque soit le jeu. Les early access jouent également ce rôle, même si elles demeurent payante.
Demystificator a écrit : Personnellement, je préfère bien plus attendre de voir des let's play ou de lire en détail les particularités d'un jeu plutôt que de voir les phrases bien vendeuses des journalistes ou même les notes ; qui ne veulent rien dire.
Sans relancer le débat de la notation ; je crois qu'il n'existe que 4 catégories de jeux : les jeux ratés/buggés ; les jeux correctement réalisés mais qui ne nous plaisent pas plus que ça personnellement, les jeux qu'on a apprécié, et enfin nos coups de coeurs persos.
Il est vain de noter des graphismes car chaque année, l'étalonnage change ; le scénario est toujours subjectif et la jouabilité est rédhibitoire si elle est ratée...
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi. Un jeu peut parfaitement avoir des bugs frustrant, et pourtant être une expérience sympa qui nous touche directement, que ce soit par son gameplay ou sa narration. Dans cette même optique, certains jeux ne disposant pas de budget faramineux, et n'ayant pas une réalisation incroyable peuvent être de très bons jeux pour certaines personnes (je prendrai ici le cas d'H1Z1 par exemple).
Pour conclure, je pense que les graphismes (d'ailleurs, parles-tu du niveau technique, ou de la da ?) peuvent être important. Crysis ne brille pas par sa jouabilité, mais ses grahismes et sa da nous font vraiment rentrer plus facilement dans son univers je trouve. A contrario, Minecraft dans son aspect très minimaliste plaît à bon nombre de joueurs, mais beaucoup d'autres, dont je fait partie, n'aiment pas particulièrement cet aspect gros pixel dans un jeu en 3D. Ça reste subjectif, et je pense que c'était ton avis personnel de dire que les graphismes ne t'importait pas, et je respecte parfaitement ton jugement :)

Bref, merci pour ta réponse vraiment intéressante et détaillée :thumbup:

TheElkantor
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Re: L'uniformisation des notes et des avis, ou la peur de s'exprimer librement face à la majorité ?

Message par TheElkantor » 11 févr. 2016, 11:32

Garrett a écrit :Sujet très intéressant, merci pour vos réflexions.
Du point de vue du joueur, je crois qu'il ne faut pas avoir peur de s'exprimer face à la majorité, au contraire. Lorsque l'on tombe sous le charme d'un jeu que la majorité des joueurs méprisent et rabaissent à longueur de temps, je ne sais pas vous mais personnellement cela me donne encore plus de plaisir à l'aimer.
Comme le souligne Demystificator, le jeu vidéo est une expérience personnelle et c'est la rencontre entre ce que nous sommes en tant qu'individu façonné par tout un tas de choses et le jeu qui compte. Plus on se connait et plus on sait ce qui sera susceptible de nous plaire, et pourquoi cela nous plaira; "nous" en tant qu'être original.
Que le monde serait fade si tout le monde s'accordait à aimer les mêmes choses... :proud:
p
Merci pour ta réponse Garett, et pour ta participation à cette "réflexion". Je suis d'accord avec toi, on a tous nos préférences, mais celles-ci sont quand même dictées par des découvertes non ? Le seigneur des anneaux et la roue du temps m'ont vraiment marqué, c'est pourquoi j'adore l'heroic fantasy et les RPG. Mais j'adore aussi découvrir de nouvelles choses, pour adhérer ou non au genre en question. Le jeu vidéo est une expérience personnelle, c'est vrai, mais je trouve ça intéressant justement de lire/écouter les avis d'une personne sur un jeu. C'est là que je trouve justement que les tests que l'on peut lire à droite à gauche sur le web et sur papier sont "fades". Ils se ressemblent tous globalement. Je trouve aussi dommage que certains joueurs refusent d'écouter les arguments d'autres joueurs sur un jeu, et qu'ils crachent dessus sans comprendre. En fait, je me demande si le problème que j'expliquais ne pourrait pas dériver sur un autre. Le jeu en tant qu'oeuvre, ou produit de consommation. Car finalement, on ne réagit pas pareil en fonction du statut d'un jeu. Si on le considère en tant qu'oeuvre, la note n'a pas son importance, ce qui compte effectivement ce sont les avis des joueurs. Quels qu'ils soient. A crontrario, si l'on considère le jeu comme un produit de consommation (ce que je comprends aussi, car jouer a un coût), alors effectivement on est en droit de demander des tests objectifs. Encore une fois, je n'ai pas de réponses précises à donner...

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Garrett
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Re: L'uniformisation des notes et des avis, ou la peur de s'exprimer librement face à la majorité ?

Message par Garrett » 11 févr. 2016, 15:34

TheElkantor a écrit :
Mais j'adore aussi découvrir de nouvelles choses, pour adhérer ou non au genre en question. Le jeu vidéo est une expérience personnelle, c'est vrai, mais je trouve ça intéressant justement de lire/écouter les avis d'une personne sur un jeu. C'est là que je trouve justement que les tests que l'on peut lire à droite à gauche sur le web et sur papier sont "fades".

Si tu veux mon avis, bien qu'il puisse paraitre provoquant et n'engage que moi, je pense que rien ne vaut un test écrit par une personne qui a adoré un jeu. Ça ne m'intéresse pas tellement de lire le test d'une personne qui n'a pas aimé un jeu ; je préfère lire un éloge plutôt qu'un blâme. Comme tu l'écris, sur le web certains papiers paraissent fades et je crois que c'est en partie parce que les journalistes sont ou se sentent obligés de tester des jeux qui parfois -et on rejoint les goûts personnels de chacun- ne sont pas fait pour leur plaire. C'est un peu comme si tu demandais à quelqu'un qui n'aime pas le fromage de donner son opinion sur un tout nouveau camembert :p
Dans mon monde idéal, chaque test est rédigé par un auteur passionné par le jeu dont il parle, et j'ai la naïveté de croire que chaque jeu peut passionner, quelle qu'en soit la raison. :proud:
Pour exemple, je serai ravi de lire un test (bien que je n'aime pas ce mot) de Demystificator à propos de Xcom (jeu qu'il évoque très souvent dans ses interventions) ou de toi sur Total War. Ce seraient, à coup sûr, des écrits du cœur.

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Re: L'uniformisation des notes et des avis, ou la peur de s'exprimer librement face à la majorité ?

Message par Demystificator » 11 févr. 2016, 19:37

TheElkantor a écrit :
Je suis d'accord avec toi, mais en même temps, c'est aussi un dileme pour les fans d'une série qui attendent de savoir si le prochain opus est aussi bien, voire mieux. C'est par exemple le cas des fans de total war (dont je fait partie), qui est quand même uen série un peu de niche, ou encore les fans de Dynasty Warriors (encore une fois, j'en fait partie).
TheElkantor a écrit : On en arrive donc au point pour lequel je n'ai pas de réponse. Est-ce qu'il serait préférable sur chaque test d'avoir d'un côté l'avis d'un expert et de l'autre, celui d'un néophyte ? Et comment quantifier justement le terme de néophyte ? On peut être complètement nouveau dans le jv, ou alors complètement nouveau pour un genre précis, ou encore pour une série précise. Qui plus est, ça demanderait beaucoup trop de travail supplémentaire aux journalistes... C'est vraiment un dilemme.
Oui, ça serait vraiment un gros boulot supplémentaire. Seulement, je sais qu'il y a des licences que j'ai laissées passer parce que les tests disaient que la série n'évoluait pas et, étant néophyte, je ne savais pas du tout à quoi ressemblait le jeu au final.
TheElkantor a écrit :
Justement, ils ont donc tous à peu près le même bagage culturel, et sont habitués à se lire entre eux, donc je pense que de ce point de vue, cela renforce ce sentiment de groupe de personnes pensant à peu près la même chose et s'influençant mutuellement, sans forcément que cela soit implicite.
Je voulais mettre en avant qu'à cause de la jeunesse du jeu vidéo, on a pas le choix de l'âge des journalistes.
On pourrait chercher des personnes plus anciennes mais quel crédit aura un fan d'Atari pour parler des jeux dernière génération ?
Je pense cependant qu'ils ne se lisent pas forcément entre eux mais ils ont grandi avec les mêmes magazines.
Cela a eu une influence certaine sur leur manière de travailler mais en bien pour certains.

Dans les années 90-2000, les magazines édités par Mer7 se contentaient de faire des tests mais aujourd'hui les magazines et les sites essayent, à l'instar d'ExtraLife ; d'apporter quelque chose de plus : que ce soit analyses ou dossiers historiques.
TheElkantor a écrit : On dérive un peu du sujet de base, mais effectivement, cette question est aussi intéressante. Sincèrement, je pense que ça dépend de l'orientation du site en question. Gamekult ne s'adresse pas au même public que JVC par exemple. Mais pourtant, JVC se doit aussi de parler aux joueurs plus expérimentés. C'est pour cela en partie que je trouve que les sites de JV tombent "facilement" dans le piège de l'influence. Pour se crédibiliser devant une audience informée sur le sujet, il y a un effet d'uniformisation par rapport aux autres sites du milieu.
Je t'avouerai ne jamais avoir fréquenter Gamekult plus que ça. Mais comme on l'a dit, les sites vivant du clic vont tout faire pour ratisser large et donc essayer de jouer dans les cours des autres.
J'ai tendance à éviter tous ces sites aujourd'hui car justement ils cherchent du clic plutôt que de faire leur boulot intelligemment.
TheElkantor a écrit : De ce que j'ai lu à droite à gauche, pourtant, les avis étaient exactement les mêmes, et les quelques points négatifs qui apparaissaient restaient globalement identiques.
Comme je l'ai dit juste après ; si le jeu est bon, le jeu est bon. S'il a un problème de jouabilité, il est normal que tout le monde le relève ; donc fatalement il y a uniformisation.

Mais cette uniformisation se base surtout sur une certaine objectivité. Un bug, un problème reste un problème. Au cinéma, Dark Knight Rises a des problèmes ; même si on adore le film, on est obligé de les admettre.
La non-uniformisation viendra sur de la subjectivité. Par exemple, je n'aime GTA car je n'aime pas le contexte. Mais objectivement, je ne peux pas dire que c'est un mauvais jeu et qu'il ne faut pas y jouer, si ?
TheElkantor a écrit : Effectivement, c'est typiquement le genre de mouvement que je trouve bizarre. On a chacun nos avis certes, mais rien ne nous dispensent de voir les autres côtés. J'avoue ne pas comprendre ces avis tranchés sans avoir même joué à un jeu. C'est vraiment une mentalité qu'il pourrait être intéressant d'analyser. Qu'est-ce que ça apporte en fin de compte ?
C'est l'effet communauté. C'est comme en musique avec des gens qui critiquent tel ou tel album ou groupe sans laisser aucune change même si c'est dans le genre qu'ils aiment (j'aime bien le dernier CD de Limp Bizkit donc je connais bien ça :p).
TheElkantor a écrit : Je suis d'accord, et c'est justement ce que j'ai mis en lumière dans mon texte. Ça devient un vrai problème à mesure que le temps passe.
La solution est peut être là : ExtraLife. Ils ne vivent pas du clic donc ils peuvent se permettre d'avoir un avis plus tranché, plus travaillé, plus réfléchi.
Mais attention quand même car s'ils sont constamment de l'avis opposé pour être de l'avis opposé, les gens arrêteront de les suivre.
Mais un journaliste qui dit "j'aime Need For Speed pour son côté ballade nocturne" ; aucune chance que ça arrive chez IGN ou Gamekult...
TheElkantor a écrit : Ton commentaire est vraiment intéressant, et c'est vrai, qu'avec du recul, je sais pertinemment qu'il s'agit d'une nouvelle IP. Et pourtant... DS a tellement laissé une marque (il faut voir le nombre de jeux s'intitulant "Dark Souls-like" qui sortent ou vont sortir), que c'est difficile de ne pas comparer Bloodborne à ses prédécesseurs. C'est instinctif comme comparaison en fait, et je me rend compte que ce n'est pas légitime, c'est vrai. J'avais ressenti la même chose en jouant au reboot de tomb raider. Je sais qu'il s'agit d'un reboot, d'une nouvelle vision des aventures de lara, et pourtant je ne peux m'empêcher de le comparer aux anciens... Mais pour le coup tu as raison, cet exemple n'était pas des plus pertinents tout compte fait.
La licence Dark Souls est assez particulière en fait. Non, plutôt tout ce que From Software fait est étrange.

Avant, il y avait King's Field. Série assez peu connue en Occident. Sony va voir ces messieurs et leur propose de pondre une nouvelle licence en 2009. Alors arrive Demon's Souls, les mêmes mécaniques mais nouveau moteur et univers.
Il est fort à parier que si le jeu s'était appelé King's Field quelque chose ; ça n'aurait jamais décoller.
De la même manière, si BloodBorne ne s'appelle pas "Souls" est probablement une histoire d'éditeur, les "Dark Souls" étant édités par Namco et pas Sony.
Dans les faits, ce sont deux jeux très proches mais ils ont profité du changement de nom pour essayer de mettre pleins d'idées qui ne seraient pas passées dans Dark Souls. Et si Dark Souls 3 prend des idées de Bloodborne, c'est bien parce que Bloodborne a marché.

Je trouve ce cas compliqué car FromSoftware me semble faire toujours le même jeu mais à chaque fois sous un autre nom... Du coup chaque licence arrive un peu hybride et peu de monde s'y retrouve à moins d'être le premier "soul-like" dans le parcours des joueurs.

Bon, après, les FPS à l'époque, on les traitait de Doom Like et on comparait tout à Doom... Puis à Quake un peu plus tard. Aujourd'hui le genre du MOBA souffre du même problème ; on compare toujours à Dota... Résultat des jeux comme Monday Night Combat n'a pas pris (et aussi parce que le studio derrière Monday Night a fait n'importe quoi aussi). Idem pour Awesomenauts, Strife, Heroes of Newerth. Smite est le seul qui a l'air d'avoir un peu de crédit à lui.

TheElkantor a écrit : Encore une fois on en revient au désir des joueurs d'appartenir à une niche de "fan de dark souls". Qui les pousse à clamer les atouts de ces jeux haut et fort, alors même q'u'effectivement ils ne les ont pas fini, ou encore, même pas commencé.
Ah, voir combien de gens parlent de Dark souls 2 par rapport à Dark Souls 1 ; c'est alarmant...

TheElkantor a écrit : Justement, ne serait-il pas préférable de prendre un peu de recul sur une oeuvre pour en faire la critique ? Je sais pertinemment que ça ne sera jamais possible pour les sites professionnels, car ils font partie de cette roue infernale de sortie/test à effectuer le plus vite possible. La question est simple, mais la réponse est vraiment compliquée. Hormis quelques titres sortant du lot (Minecraft, GTA V), dont on parle encore aujourd'hui, c'est vrai que pour la majorité, un mois passé la sortie du jeu, plus personne n'en parle. Peut-être que Square Enix a opté pour le bon modèle économique avec son prochain Hitman pour pallier ce problème.
On retombe sur le problème de la hype et la consommation des joueurs.
ExtraLife prend son temps mais on a quand même vu quelques commentaires circonspects au début comme quoi ils ne parlaient pas assez vite de tel ou tel jeu ou que ça manquait d'Extratime.
TheElkantor a écrit : La démo traditionnelle a juste été remplacée. Regarde le nombre de phase de bêta qui sont disponible aujourd'hui, avant la sortie d'un jeu. C'est en quelque sorte le remplaçant des démos traditionnelles. Avant, le terme bêta était exclusivement adressé aux jeux proposant une partie multijoueurs, cela permettait de tester les serveurs. En 2016, on aura jamais eu autant de démos, quelque soit le jeu. Les early access jouent également ce rôle, même si elles demeurent payante.
Je ne crois pas.
Les betas et les early access ne sont absolument pas démos car les jeux ne sont pas complets ou complétement buggués. Impossible de se forger un avis sur la version finale.
Les rares betas qui permettent d'avoir un avis sont les stress tests qui ne durent que peu de temps et ça se fait avant les sorties.

Et non, pour moi une démo c'est un essai gratuit limité mais accessible n'importe quand.

Et par exemple, XCOM (oui encore) a une démo mais XCOM 2, il n'y a ni beta, ni démo... Impossible pour les gens de savoir si la suite va leur plaire ou non...
TheElkantor a écrit : Je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi. Un jeu peut parfaitement avoir des bugs frustrant, et pourtant être une expérience sympa qui nous touche directement, que ce soit par son gameplay ou sa narration. Dans cette même optique, certains jeux ne disposant pas de budget faramineux, et n'ayant pas une réalisation incroyable peuvent être de très bons jeux pour certaines personnes (je prendrai ici le cas d'H1Z1 par exemple).
Pour conclure, je pense que les graphismes (d'ailleurs, parles-tu du niveau technique, ou de la da ?) peuvent être important. Crysis ne brille pas par sa jouabilité, mais ses grahismes et sa da nous font vraiment rentrer plus facilement dans son univers je trouve. A contrario, Minecraft dans son aspect très minimaliste plaît à bon nombre de joueurs, mais beaucoup d'autres, dont je fait partie, n'aiment pas particulièrement cet aspect gros pixel dans un jeu en 3D. Ça reste subjectif, et je pense que c'était ton avis personnel de dire que les graphismes ne t'importait pas, et je respecte parfaitement ton jugement :)
Ce qui est bien avec les bugs, c'est que c'est un défaut objectif. C'est bien que tu parles des graphismes par exemple puisque moi je n'aime pas un jeu qui mise sur sa beauté avant tout. Le prochain Mirror's Edge est parti pour en être d'ailleurs car à priori il n'y aura aucun nouveau mouvement, aucune nouvelle règle par rapport au premier.

Garrett a écrit : Pour exemple, je serai ravi de lire un test (bien que je n'aime pas ce mot) de Demystificator à propos de Xcom (jeu qu'il évoque très souvent dans ses interventions)
Je pourrais pas faire un test d'Xcom 2 avant un bout de temps car il faut déjà le finir :p
C'est vrai que ça serait un écrit du coeur mais ce qu'il vient du coeur est très très subjectif.
Et du coup, ça ne serait pas vraiment un test mais plutôt un plaidoyer qui expliquerait pourquoi j'adore ces jeux. C'est pour ça que je les cite souvent.
D'autant que quand j'adore un jeu, j'aime voir que chaque choix des développeurs a un sens et donne du crédit au jeu ; donc j'ai l'impression de vraiment bien les connaître.

Si vraiment ça t'intéresse j'essayerai de prendre le temps pour en faire une contribution sur ce forum. J'attends aussi l'avis d'ExtraLife pour voir si ce que j'ai à dire va apporter quelque chose de plus.

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Jihem
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Re: L'uniformisation des notes et des avis, ou la peur de s'exprimer librement face à la majorité ?

Message par Jihem » 17 févr. 2016, 19:28

Il y a beaucoup de choses à dire sur le sujet. Je vais prendre les choses dans l'ordre.

Le fait que la presse soit souvent unanime sur un jeu prouve à mon sens qu'elle fait bien son travail. Si les tests se soldaient continuellement par des avis toujours très disparates, nous aurions quelques problèmes. Ce serait à mon sens le signe que les journalistes n'écrivent leurs articles qu'en fonction de leur humeur du moment, à chaud et sans prendre de recul sur les points forts et/ou négatifs d'un jeu. La valeur ajoutée d'un journaliste (terme que je n'aime pas vraiment au passage), disons d'une personne qui fait cela depuis déjà plusieurs années professionnellement ou non, donc la valeur ajoutée d'une telle personne est de pouvoir prendre le recul nécessaire pour apprécier un titre en fonction non seulement de ce qui se fait ailleurs, mais également de ce qui a pu se faire jusque là. Bien sûr, il y aura toujours une part de subjectif dans tout cela, mais le but est d'être honnête vis à vis du jeu que l'on a entre les mains. Et en faisant ce travail en amont, on arrive généralement aux mêmes conclusions que nos camarades dans le milieu. D'où une relative uniformisation des notes. Mais il ya toujours des contre-exemples.

Le premier qui me vienne en tête et le premier Lego Star Wars. Je lui ai accordé 8/20 à l'époque, et à part Dino qui est monté à 10/20, j'étais bien seul dans cette fourchette de notes. Cela a bien sûr valu un petit appel de l'attaché de presse pour comprendre ^^ Toujours est-il que le jeu n'a pas résonné avec nous comme il a résonné chez d'autres. Nous sommes peut-être passé à côté du sujet, mais l'article a été livré en effectuant le travail préliminaire dont je parle au dessus. Nous avons tous les deux estimé que le travail des développeurs était insuffisant. Plus récemment, Oxenfree a également divisé même au sein de notre groupe. Killy a beaucoup aimé, moi pas du tout.

Reste évidemment la question que tu soulèves. Faut-il systématiquement donner un jeu à tester à quelqu'un déjà familier avec l'univers ? Pour faire court, j'ai tendance à dire oui, mais évidemment, c'est plus compliqué que cela. Concrètement, la suite d'un jeu s'adresse avant tout à ceux qui ont déjà apprécié (ou non) les épisodes précédents. En tout cas, à ceux qui savent de quoi ça parle. Surtout lorsqu'il s'agit d'une série avec tout un univers à découvrir et assimiler. Là aussi, on trouve des contre exemples. La sortie de Mass Effect 2 sur PS3 proposait un résumé du premier volet jamais sorti sur console Sony. Même chose pour les jeux The Witcher d'ailleurs. Il est donc tout à fait possible qu'un joueur qui n'a jamais touché à une série débute au milieu de la saga. Mais cela demande un effort supplémentaire pour lui puisqu'il ne e se sentira pas forcément dans ses chaussons dès le départ.

L'idéal serait de toujours faire tester un jeu à deux personnes en même temps. Un rédacteur qui connaît la série et qui s'adresse donc au public déjà fidélisé, et un rédacteur absolument vierge sur le sujet pour couvrir les bases et s'adresser aux nouveaux venus. Puisque cette solution n'est que rarement possible (surtout pour un jeu à la Witcher qui exige des dizaines d'heures de tests), la solution choisie est généralement celle du testeur qui connaît déjà l'univers. A lui de s'adapter et de voir si le jeu fait l'effort d'accueillir les nouveaux.

Pour ce qui est du phénomène d'avoir un profil type de testeurs assignés à la rédaction du test de tels ou tels jeux, c'est directement lié au paragraphe précédent. L'idéal serait d'avoir de multiples avis sur chaque jeu, mais c'est humainement impossible. On prend donc les gens qui connaissent déjà, et qui sont souvent le même genre de personne pour un genre donné.

Que ces testeurs influencent ensuite les joueurs, c'est finalement un peu le but du métier. Nous ne sommes pas là pour contrôler les foules, mais pour leur inspirer une confiance suffisamment grande afin qu'ils puissent suivre nos avis. C'est un rapport fragile constamment remis en jeu à chaque article, mais qui s'affine aussi avec le temps. En sachant que Dino a aimé ce jeu, et celui-ci, que vous avez aimé celui-là mais pas cet autre, vous n'êtes pas en train de vous formatez aux goûts de Dino, mais plutôt de dresser une liste inconsciente de points communs et de points de désaccords. Selon cette liste, vous pourrez ensuite accorder plus ou moins de confiance aux prochains avis que ce rédacteur livrera. Un exemple tout bête. J'ai beaucoup aimé GTA 4, mais réellement détesté GTA 5. Cette simple information permettra peut-être d'influencer quelqu'un si j'ai un jour à m'exprimer sur un GTA 6. Si les gens se reconnaissent dans mon opinion des épisodes 4 et 5, ces personnes suivront potentiellement mon avis sur le 6.

Au passage, oui, j'ai senti ce fameux décalage dont tu parles lorsque j'ai réalisé que j'étais dans la grande minorité des joueurs n'ayant pas aimé GTA 5. Je n'ai pas hérité du test, mais je ne pense pas que j'aurai hésité à exprimer mon point de vue, ce que j'ai d'ailleurs pu faire une fois le jeu terminé dans en encart sous le test principal.

Je trouve la méthode Gamespot très extrême pour Bioshock Infinite. A la place, un nouvel article pour faire le point sur le jeu plusieurs mois après sa sortie me semblait plus approprié. Le système de contreavis est également pertinent pour donner la parole à des joueurs n'ayant pas forcément le même point de vue que l'auteur principal. C'est ce que JV le Mag avait fait sur Bayonetta 2. C'est très intéressant je trouve et j'aimerai que cela arrive plus souvent.

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Re: L'uniformisation des notes et des avis, ou la peur de s'exprimer librement face à la majorité ?

Message par TheElkantor » 18 févr. 2016, 11:17

Jihem a écrit : Le fait que la presse soit souvent unanime sur un jeu prouve à mon sens qu'elle fait bien son travail. Si les tests se soldaient continuellement par des avis toujours très disparates, nous aurions quelques problèmes. Ce serait à mon sens le signe que les journalistes n'écrivent leurs articles qu'en fonction de leur humeur du moment, à chaud et sans prendre de recul sur les points forts et/ou négatifs d'un jeu. La valeur ajoutée d'un journaliste (terme que je n'aime pas vraiment au passage), disons d'une personne qui fait cela depuis déjà plusieurs années professionnellement ou non, donc la valeur ajoutée d'une telle personne est de pouvoir prendre le recul nécessaire pour apprécier un titre en fonction non seulement de ce qui se fait ailleurs, mais également de ce qui a pu se faire jusque là. Bien sûr, il y aura toujours une part de subjectif dans tout cela, mais le but est d'être honnête vis à vis du jeu que l'on a entre les mains. Et en faisant ce travail en amont, on arrive généralement aux mêmes conclusions que nos camarades dans le milieu. D'où une relative uniformisation des notes. Mais il ya toujours des contre-exemples.
je comprends parfaitement ton point de vue, et d'ailleurs, je n'arrive pas à fournir LA bonne réponse. Effectivement d'un côté, tu peux penser que le test d'un jeu a une grande part d'objectivité, car il s'agit d'un produit commercial. Le journaliste peut donc être au service des consommateurs, en effectuant une sorte de guide d'achat.
Mais le jeu vidéo est aussi une oeuvre à part entière, et dans ce cas, c'est surtout le point de vue subjectif qui prime (je trouve), qui fait apparaître plus de diversité dans les opinions. Lorsque tu dis qu'il faut être "honnête", je comprends parfaitement, mais avec une ressemblance évidente des contenus, c'est vraiment difficile de trouver un site qui nous contente, et auquel on s'attache pour sa ligne éditoriale.
Jihem a écrit : L'idéal serait de toujours faire tester un jeu à deux personnes en même temps. Un rédacteur qui connaît la série et qui s'adresse donc au public déjà fidélisé, et un rédacteur absolument vierge sur le sujet pour couvrir les bases et s'adresser aux nouveaux venus. Puisque cette solution n'est que rarement possible (surtout pour un jeu à la Witcher qui exige des dizaines d'heures de tests), la solution choisie est généralement celle du testeur qui connaît déjà l'univers. A lui de s'adapter et de voir si le jeu fait l'effort d'accueillir les nouveaux.


C'est évident que c'est humainement impossible, j'en suis tout à fait conscient. Trop de sorties, trop de tests à rédiger pour mobiliser deux personnes sur un seul jeu. Et le joueur qui connaît bien une série aura toujours un avis biaisé vis à vis de celle-ci, je ne pense donc pas qu'il puisse orienter comme il se doit un néophyte. Enfin, je pense qu'il peut y arriver, mais je trouve ça moins pertinent qu'une personne n'ayant jamais touché la série en question.

Pour ce qui est du phénomène d'avoir un profil type de testeurs assignés à la rédaction du test de tels ou tels jeux, c'est directement lié au paragraphe précédent. L'idéal serait d'avoir de multiples avis sur chaque jeu, mais c'est humainement impossible. On prend donc les gens qui connaissent déjà, et qui sont souvent le même genre de personne pour un genre donné.
Jihem a écrit : Que ces testeurs influencent ensuite les joueurs, c'est finalement un peu le but du métier. Nous ne sommes pas là pour contrôler les foules, mais pour leur inspirer une confiance suffisamment grande afin qu'ils puissent suivre nos avis. C'est un rapport fragile constamment remis en jeu à chaque article, mais qui s'affine aussi avec le temps. En sachant que Dino a aimé ce jeu, et celui-ci, que vous avez aimé celui-là mais pas cet autre, vous n'êtes pas en train de vous formatez aux goûts de Dino, mais plutôt de dresser une liste inconsciente de points communs et de points de désaccords. Selon cette liste, vous pourrez ensuite accorder plus ou moins de confiance aux prochains avis que ce rédacteur livrera. Un exemple tout bête. J'ai beaucoup aimé GTA 4, mais réellement détesté GTA 5. Cette simple information permettra peut-être d'influencer quelqu'un si j'ai un jour à m'exprimer sur un GTA 6. Si les gens se reconnaissent dans mon opinion des épisodes 4 et 5, ces personnes suivront potentiellement mon avis sur le 6.


Oui, le but lorsqu'un éditeur envoie des jeux à la presse est bien évidemment de pousser les lecteurs à acheter ces jeux, mais encore une fois, on parle ici d'un point de vue commercial, en terme de produit, et non d'oeuvre. Ce que je redoute le plus, ce sont les profans, qui influencent également grandement certaines rédaction. Personne ne pourra jamais vraiment vérifier, mais on sait pertinemment qu'un site professionnel, et encore plus quand il s'agit d'un site de niche, se doit de faire très attention à ne pas aller dans le sens inverse de la communauté. Donc d'une part, le journaliste ou rédacteur influence une certaine partie du lectorat, mais je suis persuadé qu'il prend également en compte les avis des lecteurs, en réfléchissant si telle note ne va pas finalement froisser les lecteurs, et remettre en doute sa légitimité de journaliste. C'est surtout ce problème que je trouve assez embarrassant aujourd'hui. Ça conduit à des sites qui se ressemblent à peu près tous, suivant les standards du moment. Je trouve ça plutôt triste, mais je suis bien conscient que c'est une question extrêmement complexe...
Jihem a écrit : Je trouve la méthode Gamespot très extrême pour Bioshock Infinite. A la place, un nouvel article pour faire le point sur le jeu plusieurs mois après sa sortie me semblait plus approprié. Le système de contreavis est également pertinent pour donner la parole à des joueurs n'ayant pas forcément le même point de vue que l'auteur principal. C'est ce que JV le Mag avait fait sur Bayonetta 2. C'est très intéressant je trouve et j'aimerai que cela arrive plus souvent.
C'est vrai que gamespot a agit assez bizarrement, mais ça met bien en évidence que le jeu vidéo peut être perçu en tant qu'oeuvre en premier abord, et non en tant que produit. Et qu'une oeuvre évolue avec son temps. Je ne savais pas, concernant le test de bayonneta 2, et effectivement, cette méthode est préférable.

Bref, merci Jihem d'avoir exprimé ton avis sur le sujet. En tant qu'ancien journaliste professionnel du milieu, c'est intéressant d'avoir ton opinion.

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